Attelage  et  traditions…


Parmi les nombreuses disciplines qui se développent autour du cheval, il en est une dont on parle trop peu : l'attelage de tradition. Moins médiatisée que les courses ou le jumping, moins spectaculaire que le concours complet ou l'attelage sportif, moins " innovante " que beaucoup d'autres…, elle mérite néanmoins une attention particulière.

Historique
L'attelage a perdu son utilité économique avec l'apparition du moteur à explosion et de ses nombreuses applications. Il s'est d'abord maintenu grâce à la nostalgie de quelques passionnés qui en ont gardé certaines pratiques. Ce fut l'époque où ont brillé Benno von Achenbach, Max Pape et bien d'autres…

Au fil des années, ces pratiques se sont quelque peu essoufflées jusqu'à ce que les Fédérations en raniment la flamme en édictant des règles ( Madrid, 1969, la FEI adopte le règlement établi par Sir M. Ansell ) et en organisant des rassemblements de plus en plus brillants… mais trop rares !  Au fil des années, les aspects sportifs ont été privilégiés : voitures marathons, harnais synthétiques, chronomètre,…

Principe fondateur
Il ne faut pas confondre l'attelage sportif ( en  trois épreuves : dressage, marathon, maniabilité ) et l'attelage de tradition. L'attelage de tradition suppose l'emploi de voitures anciennes ( fin XIXe, début XXe ), restaurées selon des critères stricts, et un harnachement conforme à ce qu'il était à la même époque. Les tenues des meneurs et des grooms sont codifiées et les concours respectent un règlement mis au point par chaque fédération. Tout doit être conforme à ce qu'était la pratique de l'attelage il y a environ un siècle.

Tradition ou traditions ?
Pour bien comprendre cette discipline, il faut la replacer dans un mouvement plus vaste. Notre époque est marquée par la prise de conscience que notre passé ne doit pas mourir, mais se perpétuer selon des modalités à préciser et dans certaines conditions. Nous vivons une époque de redécouverte des patrimoines . Constamment, dans de nombreux domaines, il est fait référence à " une tradition qu'il faut sauvegarder "…

La tradition est à comprendre comme un ensemble de doctrines et de pratiques transmises par la parole, l'exemple et l'écriture. A force d'employer le mot au singulier, certains ont fini par croire que LA tradition était forcément unique, une et cohérente,…  Cette singularisation tend à lui donner une légitimité et une force contraignante : tout ce qui n'est pas " dans " la tradition, est " contre " elle ! Le non respect de la tradition devient ainsi une déviance, une atteinte à l'orthodoxie de la règle. De là à sanctionner les travers…

Or la tradition n'est jamais unique, elle est plurielle. En attelage - comme ailleurs - il existe des traditions, mouvantes, plus ou moins fortes, sujettes aux critiques et surtout contingentes. Conduire un cheval de trait " au cordon " est conforme à une certaine tradition, utiliser un collier anglais renvoie à un certain savoir-faire insulaire, alors que l'emploi de la bricole est plutôt continental. Etc, etc. L'important est de ne pas confondre ou mélanger les usages.

Les exemples sont légion. Il n'y a pas une tradition, il n'y a que des traditions. Celles-ci doivent être resituées dans un contexte qui les légitimise. Mais toutes peuvent cohabiter : le conducteur d'un chariot attelé correctement à des chevaux lourds respecte une tradition qui n'est pas celle  que respecte un cocher  qui mène un attelage " aristocratique ", ni celle d'un meneur utilisant une voiture " bourgeoise " à la campagne… Tout est affaire de contexte et surtout de cohérence !

Qu'une nouvelle ASBL Attelage et traditions, rattachée à la BDA, prenne comme objectif de défendre toutes les traditions pour promouvoir l'attelage sous ses formes les plus diverses et de les faire connaître à des amateurs de plus en plus nombreux ne peut que réjouir ceux et celles pour qui ces pratiques doivent continuer à vivre pour le plus grand bonheur de tous.


L'assemblée générale a élu en qualité  d'administrateurs:


de Potter d'Indoye Sophie

de Schrevel Joël

de Villenfagne de Sorrines Renaud

Debrichy Michel

Meeus Luc


Contactez l'auteur à michel@debrichy.beawat.be/_frame/feed.xml">Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSCopyright (C) 2007  Dernière mise à jour vendredi 18 mai 2012