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La maison Binder

"BINDER" à l'ITDM de BARVAUX EN CONDROZ 2010
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L'ASCENSION DE JEAN JACQUES BINDER CARROSSIER
RACONTÉE PAR ÉMILIE JANETS
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Réflexions à propos des cuirs vernis.                          

Cliquez pour agrandir l'imageDominique Posselle

Depuis fort longtemps, j'étais fortement intrigué par ces boursouflures, ces cloques, que l'on peut observer sur les pare-crottes, les ailes, les jupes de siège, ainsi que sur les harnais anciens de bonne qualité. J'ai donc essayé de savoir de quelle manière cela apparaissait.
Si c'était provoqué ou désiré ?

J'ai donc mené une petite enquête auprès de gens qualifiés, qu'ils soient artisans ayant eu connaissance de produits à appliquer ou de collectionneurs allemands très avertis.
Toutes les pistes convergent vers la même réponse: les cuirs autrefois étaient traités avec un vernis destiné à rehausser l'éclat de certaines parties de la voiture ou des harnais.

Voici la liste des pièces qui étaient vernies :
Sur la voiture: pare-crottes, ailes, jupes de sièges, crapaudine, poupées et leurs semelles ainsi que les cuirs protégeant les longerons, à l'avant, à l'endroit où l'on monte ainsi que les cuirs gainant les galeries des phaétons.
Sur les harnais: les œillères, les poires de frontal, la partie antérieure de la muserolle, la sellette (ou mantelet) ainsi qu'aux emplacements prévus pour recevoir les chiffres ou monogrammes sur les porte-traits, reculements, etc.
Ce vernis était appliqué chaque année, (tout comme étaient revernies les voitures) et c'est le travail antagoniste des vernis successifs qui provoque ces « cloques » qui, vous pouvez l'observer, sont différentes d'une voiture à l'autre.
Le vernis que l'on passait était fabriqué par différentes maisons réputées pour leurs produits d'entretien et de nettoyage des cuirs, et portait des noms différents: le vernis abyssin en est un exemple mais d'autres noms sont cités: « le caoutchène », orthographe à vérifier, d'autres encore, dont une reproduction du flacon est dessinée dans le livre américain qui se nomme Moseman et là, ce vernis est simplement appelé « vernis pour cuir ».
Bien évidement, plus aucun de ces produits n'est disponible aujourd'hui.

Ce qui veut dire que tous les cuirs que l'on dit « vernis » le sont maintenant par un procédé totalement différent; à savoir par l'application de polyuréthane, même famille que le plastique... tout comme les cuirs appelés By Cast, qui sont en fait le reste de la peau dont on a refendu la partie supérieure, appelée fleur ; ce cuir était, il y a encore quelques années pratiquement inutilisable, mais maintenant, grâce au polyuréthane appliqué, il retrouve une exploitation commerciale.
Aucune partie vernie par ces procédés modernes ne vieillira comme les anciens cuirs. Jamais.
Ces cuirs peuvent juste craqueler et se fendre.
J'ai même vu des harnais dont le cuir dit « vernis » était de la toile cirée! Idem sur des voitures (capote, pare-crottes, etc.). Provenance : U.S.A.

Pour résumer simplement, pour quelqu'un se réclamant de la tradition, il est aussi inapproprié d'avoir un harnais garni de cuir plastifié que d'avoir des aciers tels que : chaînettes, crapauds trompes de timon pour 4 chevaux, ferrures de balance, volants de frein, et même quelquefois des frètes en acier chromé, en effet, ces pièces étaient autrefois polies.
Et comme je le suis parfois aussi, je voudrais conclure en disant que le cuir vernis est un compromis qu'il faut savoir éviter, car relevant plus de l'argumentation commerciale que du respect de la tradition qui est sensé nous occuper plus encore que la recherche du clinquant.

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Le clonage des voitures  

par Dominique Posselle

Il est vrai que le clonage des voitures est un phénomène qui s'accélère depuis une dizaine d'années mais il faut savoir qu'il a vraisemblablement commencé, au début des années 80. Nous faisions à ce moment là des reconstructions sur des trains de roues qui étaient à l'origine de grandes et belles voitures qui avaient été données à la commune dans laquelle se trouvait le châtelain pour en faire des corbillards. Puis fin 80, les polonais ont commencé à produire des copies qui n'avaient rien de satisfaisant, mais, en une dizaine d'années, ils se sont fortement améliorés jusqu'à présenter du matériel d'aspect fort correct. D'aspect seulement !!Car si ces voitures peuvent tromper certains juges, les détails trahissent la méconnaissance des fabricants : d'abord les cuirs : la plupart des selleries sont en cuir » by-cast », et la garniture en mousse. Quelquefois, quand un client a une idée plus précise, effectivement la sellerie peut être faite en « tapestry » et crin (végétal et animal) (Voir Road coach présenté à CUTS 2009)dans ces cas seulement on peut dire que les matériaux utilisés sont de qualité. S'il s'agit d'une voiture fermée, type omnibus ou coach, les capitons intérieurs sont tous montés à l'envers (en ramasse poussière !) Les peintures quant à elles ne peuvent tromper qui que ce soit, ce serait trop dommage pour ceux qui se donnent du mal pour présenter un travail traditionnel. On peut aussi ne pas voir la forme des jantes d'une copie par rapport à une ancienne voiture, ou la forme du moyeu ; parler des proportions,(hauteur des galeries,etc.) on peut ne pas remarquer la façon ‘moderne' de fabriquer les brides des lames de ressort etc. Mais comment ne pas se rendre compte que les essieux sont montés avec des roulements à billes ? Comment se satisfaire de si peu de rigueur ?
Voila quelques réflexions qui devraient nous amener à penser que les copies doivent être notées comme le règlement le prévoit (12 sur 20) ou mieux encore, avoir 2 catégories : les authentiques, même si elles ont subi nombre de restaurations (de qualité) et les répliques qui ont pour objet de satisfaire les passionnés de chevaux, pas les amateurs de beaux attelages, qui se passionnent pour l'harmonie produite par l'ensemble des chevaux, des harnais et des voitures. J'ai souvent entendu dire, en matière de harnachement qu'il fallait préférer une occasion d'un bon faiseur qu'un mauvais harnais neuf.  Il en va de même pour les voitures. Sur une voiture ancienne ayant pour but d'être attelée, il est évident que l'on doive changer les pièces défectueuses, et si cela est bien fait , l'authenticité n'en est pas affectée.  Tout comme une automobile ancienne qui prend la route se doit d'avoir des pneus en état de circuler .
Si on continue à favoriser la participation des copies, comme c'est le cas actuellement, il est certain que l'on va détruire l'enthousiasme qui pousse les passionnés à présenter au public des équipages harmonieux, cohérents ; fruits de projets aboutis, et ceux-ci seront remplacés par des amateurs de trompe l'œil qui proposeront une sorte d'ersatz de tradition.
Quant à différencier les anciennes et les copies, cela ne va pas être simple, mais faisons leur confiance, sur la vingtaine de juges français, j'en connais plusieurs capables de réussir un tel exploit, et ceux là auront de la joie en voyant une jolie paire de lanternes même un peu désargentée mais aucune émotions devant le clinquant des copies.
Restons vigilants quant à la direction qui nous est imposée en ce moment : en tuant la tradition, on enterrera la culture. Voila mon point de vue, malheureusement peu partagé, mais dont la défense me passionne.

D.POSSELLE

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La Tradition du menage "à l'Anglaise"

Lettre ouverte N°2 de Carlo Gnecchi-Ruscone


Un plaisir réservé à une élite raffinée et exigeante

J'ai été sollicité par certains meneurs, me demandant de bien vouloir éclairer le concept et surtout la portée des principes du " menage à l'anglaise".

Il semblerait que beaucoup d'entre eux croient, à tort, que cette méthode de menage ne concerne que les seuls meneurs à quatre chevaux qui donc emploient quatre guides. Ce qui n'est pas du tout le cas.

Même si désormais, après ma première "Lettre Ouverte" : Le Concours d'Attelage de Tradition est il vraiment fidèle à la Tradition ? Publiée en juillet 2005, j'ai l'impression d'être "la voix qui prêche dans le désert ........".
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Tenue des guides " Four in hand "



Je vais essayer, pour la deuxième fois de revenir sur l'argument du "menage à l'anglaise", et d'approfondir en particulier l'aspect relatif au menage des attelages à un et en paire.

Lançant une fois encore à tous vents mon appel pour la sauvegarde de cet art du menage, aussi raffiné qu'oublié ... (mais peut être ne devrais-je pas désespérer car il semble que mes premières sollicitations aient provoquées une lente et mûre réflexion, entraînant une révision positive des règlements, par les associations d'attelage les plus fidèles à la Tradition (par exemple en remplaçant la Maniabilité par les Manœuvres de Tiffany).

Le menage à l'anglaise, contrairement à ce que beaucoup de meneurs pensent, n'est pas uniquement pratiqué par les meneurs d'attelages à quatre, mais peut aussi bien s'appliquer à l'attelage à un et à l'attelage en paire. Il concerne donc TOUS les meneurs.

Il est possible que cette croyance soit dû au fait que le célèbre ouvrage d'Edwin Hewlett " Leçons de Guides " ne s'adresse qu'aux meneurs à quatre, mais ce que personne ne sait est que " le maître " donnait aussi des leçons pour le menage à un et en paire, et, ce qui apparaît le plus surprenant, est que certaines de ces leçons lui étaient demandées par des meneurs expérimentés en attelage à quatre (voir " Les Guides " de Donatien Levesque, élève de Howlett).

Sachant que : Il faut avant tout souligner que la méthode de menage "à l'anglaise" n'est pas seulement une question de style (codifié par la Tradition de la fin du XIXème siècle, par ses maîtres, à commencer par Howlett, puis Achenbach et ses élèves) mais que c'est bien plus que cela et je vais essayer de l'expliquer :

Il ne s'agit pas seulement de l'invention d'une nouvelle position plus correcte des mains et de leur utilisation pour une question de style (comme se pourrait être la façon correcte de tenir ses coudes ou les couverts à table) mais surtout la constatation que cette méthode est la seule façon correcte de transmettre aux chevaux, et d'une façon indépendante, les ordres des guides (main gauche) et du fouet (main droite).

Donatien Levesque, dans son premier livre "Les Guides", à la page 14, décrit le principal défaut du meneur : " celui de se servir du fouet tenu dans la main droite, tout en conservant dans cette même main la guide droite qui subit une secousse et un relâchement "

Ceci valant tant pour les meneurs à quatre (les mots four-in-hand signifient littéralement " 4 guides dans une main ") que pour les meneurs d'attelages à un ou en paire (pour lesquels il faudrait inventer les mots two-in-hand ? car ils doivent absolument garder les deux guides dans la seule main gauche.
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Raccourcir les 2 guides
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S'arrêter, menage à 2 guides

Le menage "à 2 mains" ou style "western"


(nous n'utiliserons pas les mots menage " de charretier " car nous ne voudrions pas offenser cette respectable corporation qui, au moins dans nos régions, avait elle aussi pour tradition de tenir les guides dans la seule main gauche, exactement comme le font ( ou devraient le faire !) les " carrossiers "...

Le menage " à 2 mains " est certainement plus spontané et plus facile mais aussi plus rustique que le menage" à l'anglaise " qui est plus élaboré et raffiné, mais cette façon de mener n'est pas compatible avec la Tradition Classique (si par Tradition Classique nous entendons celle introduite par E.Howlett et qui s'est imposée dans toute l'Europe dès1880) et qui , à notre grand regret tend de plus en plus à disparaître ( si bien que l'on considère comme des bêtes curieuses les meneurs qui la pratiquent, et cela durant toutes les épreuves d'un concours complet ! il en existe et, j'en connais au moins deux ! (un italien et un français).

NOTE : Donatien Levesque, à la page. 79 de son livre " Les Grands Guides " paru en 1886, écrit :"On mène à quatre d'après la méthode anglaise, la méthode française, la méthode allemande et la méthode fantaisiste ".

La méthode de fantaisiste n'est pas même décrite, ce qui arrive au contraire pour les autres, mais " escamotée " en quelques mot : " La méthode fantaisiste est extrêmement employée mais ne s'avoue pas ".

Il faut noter que les trois méthodes dignes d'être décrites (anglaise, française et allemande) prévoient les quatre guides gardées dans la seule main gauche.

Le menage "à 2 mains" a toujours fait partie de la tradition des pays de l'Est Européen et de l'Ouest des Etats-Unis. Puis elle a été " admise " par le Règlement FEI, en 1970 pour les compétitions d'attelage de technique pour lesquelles la totale liberté des méthodes de menage est prévue, et cela pour ne pas exclure - a priori - les pays de grande tradition équestre comme la Hongrie et la Pologne.

Le menage "à 2 mains" a eu une grande diffusion en compétition, car on a constaté que les meneurs hongrois allaient plus vite que les autres dans les obstacles et donc qu'ils pouvaient réaliser des parcours à une vitesse supérieure dans les épreuves de vitesse au chronomètre, qui sont, elles aussi, incompatibles avec la Tradition.

C'est donc un contresens évident et grave que d'accepter le menage à deux mains dans nos Concours que nous appelons " de Tradition ".
Il faut admettre que les anglais ont un admirable "sense of humor" : quand j'ai exposé ma contrariété de ce menage " à 2 mains " dans les Concours de Traditions et d'Elégance, une haute personnalité m'a répondu : ce n'est pas dramatique : " it's like to have a cup of tea, drinking from a glass ".

Incompatibilité avec la Tradition Classique


Le menage " à l'anglaise " n'est pas un fait en soi, mais le point plus évident de la culture de la Tradition devenue Classique, qui comprend de nombreux éléments, comme par exemple :

  • Pour le Meneur : la bonne position sur le siège, avec l'épaule droite légèrement avancée, l'utilisation du coussin de guide, la tenue et l'élégance du comportement, la tenue et l'emploi correct du fouet, l'utilisation du frein à main... NOTE : le Général Carlo Volpini, dans son livre " L'Arte di guidare i cavalli ", à la page. 50, écrit :" on ne doit pas utiliser le frein pour arrêter la voiture ; ce sont les chevaux qui doivent l'arrêter "

  • Pour le Cheval : " il doit avoir un dressage complet comme aux temps où on l'employait tous les jours ". La race, aussi, est importante ainsi le port de tête ".

  • Pour le Harnais : il doit être bien réglé mais aussi bien adapté à la voiture.

  • Pour la Voiture : le plus possible authentique en toutes ses parties, couleurs sombres et restauration de conservation.

Mais il n'y a pas seulement le menage "à 2 mains" qui n'est pas compatible avec la Tradition.

On peut dire la même chose pour l'allure du galop et enfin aussi pour les freins à disque.

Il est vraiment surprenant qu'aujourd'hui, dans les Concours de Tradition, soit considérée obligatoire l'utilisation du couvre-chef, des gants ou du tablier (qui font partie seulement du style) et que l'on oublie d'envisager d'autres éléments bien plus fondamentaux, comme La méthode de menage ou l'utilisation correcte du fouet.

Et encore, faudrait-il avoir le courage d'abandonner le culte de la vitesse, qui ne fait pas partie de la Tradition, pour remettre en valeur le calme, la précision et la qualité du menage.

Même " à la vieille époque " on voyait des voitures qui allaient au galop, mais ce n'était sûrement pas celles des gentilshommes, et déjà à cette époque elles étaient très critiquées par les gens distingués. Dans les Concours d'Attelage, et en particulier pour la maniabilité, il est normal que ce soit une épreuve de vitesse chronométrée, tandis qu'au contraire, dans la Tradition il faut l'épreuve soit jugée sur la qualité du menage, ce qui est évidemment tout à fait incompatible avec l'exigence de la vitesse.

La devise de la Tradition pourrait être "Nous ne sommes pas pressés, un gentilhomme a tout son temps". Enfin, en ce qui concerne les freins à disque, il est indéniable qu'ils sont plus efficaces que les freins traditionnels ; mais il est vrai aussi que si on fait un usage correct d'une voiture ancienne, c'est à dire conforme à la Tradition, il n'est pas nécessaire de la gâcher avec une mécanique qui, entre autre en diminue la valeur. Différent est évidemment le cas d'une voiture moderne, copie d'une ancienne, utilisée pour promener le public.

En conclusion

Le menage "à 2 mains" est admis dans le règlement des Concours de Tradition avec la conviction générale est qu'il serait trop difficile à la majorité des meneurs d'apprendre à mener à l'anglaise ... Mais, cela faisant, on fait grand tort à la Culture et à la Tradition tout en sous estimant tous de nombreux meneurs qui ne demandent qu'a connaître et apprendre une technique de menage de meilleure qualité, qui les valoriseraient.

Malheureusement les organisateurs, pour des raisons économiques mais certainement pas culturelles, privilégient le critère de la quantité à celui de la qualité des meneurs présents à leurs concours.
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Menage four in hand (Prince Philip)
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Menage sportif (Prince Philip)
Mais je reste cependant convaincu que le menage "à l'anglaise", né pour une élite ne deviendra jamais un phénomène de masse et donc on ne devrait pas renoncer à la distinguer du menage de compétition qui n'a aucune règle.

Je crois aussi que les meneurs, 10 ans après la naissance des Concours de Tradition, sont mûrs pour affronter un discours sur la qualité de menage, même si ceci devra certainement comporter une sélection et la nécessité de suivre des cours de menage.

On sait que quelques fois les organisateurs n'admettent pas les voitures qui ne sont pas d'époque ; à plus grande raison ils ne devraient pas admettre les meneurs qui n'ont pas appris à mener " à l'anglaise ". Puisque c'est un devoir des Associations de promouvoir et diffuser la culture du menage classique, elles devraient comprendre que le menage " à 2 mains " n'est pas tolérable dans un Concours de Tradition. Le fait que quelques uns des textes fondamentaux les plus rares sont, aujourd'hui introuvables sur le marché comme " L'Arte di guidare i cavalli " du General. Carlo Volpini (pour l'Italie), ou " Les Guides " et " Les Grandes Guides " de Donatien Levesque (pour la France), sont complètement inconnus car personne n'a pris l'initiative d'en faire une réédition ; donne bien l'idée du général manque général de Culture.

Je terminerai en évoquant un souvenir de jeunesse :

Dans les premières années d'après guerre, chez nous on voyait circuler encore quelque charrette ou voiture hippomobile, pour la seule raison que les rares automobiles qui n'avaient pas été réquisitionnées par les Allemands, ne trouvaient pas l'essence nécessaire à les faire fonctionner. Mes grands parents avaient donc fait équiper d'un gazogène à charbon (" a carbonella ") leur voiture Lancia Dilambda, la chaudière étant installée à l'arrière de la voiture.

Pour chauffer le moteur, on attelait une paire de chevaux qui pendant une bonne demi heure tirait la Dilambda tout autour de la fontaine de la cour.

Et voici expliquée la raison pour laquelle, même chez nous " l'autista " était appelé " chauffeur ".

Quand le moteur était assez chaud, on dételait les chevaux et on montait en voiture.

Je me souviens aussi que quand ma grand mère montait en auto, en se souvenant du vent qu'elle recevait normalement en voiture à cheval, se mettait un journal sur la poitrine pour se protéger, et dès que le chauffeur prenait une allure trop soutenue, elle le grondait en disant : "va adasi, minga pussé svelt d'un brümm" (lentement, pas plus vite qu'un fiacre) et elle ne pensait certainement pas à un fiacre qui allait au galop !. C'était une question de style et d'éducation.

Aujourd'hui, en me rappelant cette scène, je me souvient de la célèbre phrase qu'Alexandre Manzoni avait mis dans la bouche du Gouverneur espagnol de Milan au XVII siècle, qui disait à son cocher : "Adelante Pedro, con judicio"(Avance Pedro, mais lentement !)

La morale de la fable est que les bonnes manières dans le menage d'une voiture ont une tradition vieille d'au moins 400 ans ; ne l'oublions pas aujourd'hui alors que nous sommes chaque jour, victimes de la vitesse !


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L'attelage de tradition

Hippo newsjuin 2008

Le couvre-chef

Albert de  Busschère et Manuel Deudon


Les messieurs

Le haut de forme noir est plus ancien que le gris. Ce dernier date probablement du début du 20e siècle, et ce n'est qu'après la seconde guerre que son utilisation s'est élargie. Pour un meneur, cette dernière couleur est aujourd'hui tout à fait correcte. Le gris est moins formel que le noir, et ne sera pas utilisé par un cocher  ou un groom. Si ces derniers sont en livrée et qu'on veut respecter la tradition, ils porteront le haut de forme noir et il n'y aura pas d'autre choix. Au 18e, on portait des hauts de forme de différentes couleurs. De toute cette panoplie, seul le haut de forme beige est encore utilisé pour le guard.

Remarquez que le modèle illustré, ainsi que celui du melon, a les bords recourbés vers le haut. Cette forme, plus traditionnelle, avait presque disparue dans les années '50'. Mais pour beaucoup de gens de bon goût, c'est encore le plus beau modèle. On peut dire la même chose de la courbure dans la hauteur du haut de forme. Certaines personnes de goût n'aiment pas les formes modernes des busons que l'on voit souvent aujourd''hui. Pour certains, ces busons modernes ressemblent à des cheminées.
Pour une sortie plus sportive, il convient de porter un chapeau melon dit chapeau-boule noir, gris ou brun. Comme pour le haut de forme, le noir est la couleur la plus formelle. Certains melons sont renforcés, comme protection de la tête. Attention, soyez prudent si vous souhaitez porter un melon brun ou gris outre-manche. Il n'y sera pas toujours apprécié.

Lorsque le meneur porte un melon, les grooms pourront porter un haut de forme. Lorsque le meneur porte un feutre, le groom pourra porter un melon. Mais pas l'inverse! Le principe est que le personnel, qui est de service, peut (doit) porter un couvre-chef un peu plus formel que le propriétaire. Le groom ne portera donc pas la casquette si le meneur porte un melon. Pour les grooms, on tolère de nos jours la toque de cavalier, mais il faut éviter d'avoir une longue chevelure débordant de celle-ci et il est fortement conseillé de la retenir par l'utilisation d'un filet.
Dans d'autres circonstances, moins formelles ou plus sportives, on portera une casquette en tweed ou un feutre. Ce type de couvre-chef est plus sobre, et on doit se demander si les couleurs vives comme le jaune canari, le blanc ou le rouge vif conviennent dans ce cas.

Nous ne pouvons pas omettre d'écrire qu'un monsieur portera toujours son couvre-chef droit. En cas de doute, il vaut toujours mieux l'incliner vers l'avant que vers l'arrière. On évitera également de montrer l'intérieur de son couvre-chef  lorsqu'on salue.
Les dames

Lors d'une grande sortie  ou d'une cérémonie, la dame peut porter un chapeau  qui indique l'importance de cet évènement. Mais à notre avis, une dame pourra dans n'importe quelle circonstance choisir un chapeau de volume plus modeste, et peut-être moins cher. Quoiqu'il en soit, la tenue vestimentaire et le chapeau doivent s'accorder. On veillera à ne pas porter un feutre en été avec des vêtements en soie ou un chapeau de paille en novembre avec un gros manteau en laine ou en fourrure. Le port d'un chapeau très large ne sera pas toujours apprécié, il est déconseillé par temps venteux. Lorsque la dame mène elle-même, une grande coiffe gênera ses mouvements. Pour une passagère, le chapeau peut être plus important. La passagère doit toutefois tenir compte de l'espace disponible pour la coiffe. Un très grand chapeau sur une petite voiture dénotera beaucoup plus qu'un petit chapeau sur une grande voiture. De plus, la passagère chapeautée doit rester digne et ne pas se contorsionner sur la voiture afin de trouver place pour son chapeau. Lorsqu'elle se trouve à côté d'un meneur maladroit, attention au fouet! La faute sera au meneur, mais le désagrément à la dame.
Il faut éviter les chapeaux trop extravagants, rester en équilibre avec les autres passagers et tenir compte de la couleur du train de la voiture. Comme toujours en attelage traditionnel, il faut se méfier de la couleur blanche. Elle est très salissante, et ne convient en général pas  au caractère sportif de nos concours. La notion 'extravagant' ne sera pas interprétée par tout le monde de la même façon. Un modèle, estimé ' trop large et peu sportif ' par un juge allemand, pourra être considéré comme  'ordinaire' par un juge espagnol.
Pour certains choix comme celui de la coiffe, il faut comprendre que l'appréciation d'un juge est personnelle. Il est heureux que les juges ne soient pas des ordinateurs et que pour les questions de goût, les points varient.
Pour celles qui portent plus difficilement de grandes coiffes, il existe un grand choix de modèles plus simples et également élégants et corrects. Pour la promenade, il est plus pratique de porter un bonnet ou un béret alpin.
Le petit haut de forme de dame et le melon sont aimés par beaucoup. Entouré d'un ruban, l'élégance du petit haut de forme de dame est mise en valeur.
Le canotier a le grand avantage de pouvoir être utilisé par un meneur, une dame ou même les grooms, mais pas dans toutes les circonstances. Il faut en tous cas tenir compte de la remarque ci-dessus concernant la différence de catégorie entre propriétaires et grooms. Il y a aussi le panama qui est entouré d'un ruban noir, et toutes sortes d'autres chapeaux de paille. Mais comme le canotier, ceux-ci ne conviennent pas hors saison.
Boite à chapeaux
Formes à chapeaux
pour le voyage
(Publié dans Wheel & Whip n° 5 a la date du 15/12/2005)
ARTICLES

Le "Concours d'Attelage de Tradition" est-il vraiment fidèle à la Tradition ?

Lettre ouverte aux associations et aux revues d'attelage.
Carlo Gnecchi Ruscone
Puisque aujourd'hui, dans des différents pays, on entend souvent discuter sur le Règlement de ces Concours, je crois nécessaire d'ouvrir un débat sur cet argument et donc je commence par donner mon avis en décrivant la naissance et l'évolution de cette spécialité et enfin en proposant des changements que j'estime une amélioration.

Le Menage " à l'anglaise " et l'ancien " Concours des Equipages "


Le sport de conduire un attelage, ou mieux " l'art de menage en grandes guides " est né à la fin du XVIII siècle par l'initiative de quelques aristocrates qui, à l'époque ou la voiture à cheval était seulement un moyen de transport (et aussi d'ostentation)  et donc était mené  par le cocher, a voulu se produire personnellement à la conduite des voitures ; ainsi est né le sport ainsi que les voitures de sport.
L'anglais Edwin Howlett, à la fin du XIX siècle, a codifié  sa méthode de menage
(qui fut appelé " à l'anglaise " et qui fut perfectionnée au début du '900 par l'allemand Benno von Achenbach.
Voici quel est le sport auquel nous nous referons quand nous parlons aujourd'hui de Tradition
Depuis lors, dans les principales villes d'Europe, furent organisés des " Concours des Equipages " appelés plus tard " Concours d'Elégance " ou les meneurs présentaient leurs voitures (surtout Coaches)  et donnaient démonstration de leur habileté dans cet art.

Le sport de l'Attelage moderne et le " Concours complet "


Ce ne fut qu'en 1970, après la pause de la seconde guerre, qu'est né, par l'initiative du Prince Philippe, Duc d'Edimbourg (à cette époque Président de la FEI) la discipline sportive de " l'Attelage ".
Au commencement, pour ce sport, né en Grande Bretagne, on utilisait des voitures anciennes, menées rigoureusement  à l'anglaise car on se referait à la Tradition (voir Présentation) mais aussi avec des innovations (voir Dressage et Maniabilité).
Aujourd'hui on n'utilise que des voitures modernes, souvent en fer et les meneurs conduisent " à la western " avec une guide dans chaque main !
Il est certain qu'à 35 ans de sa naissance, ce sport a eu une telle évolution, qu'on peut aujourd'hui le considérer tout à fait différent de la Tradition.

Le " Concours d'Attelage de Tradition "


Plus récemment, autour des années 1995, est né en France, par l'initiative de quelques meneurs de Concours complet qui n'était plus compétitif pour des raison d'age, la nouvelle formule des " Concours d'Attelage de Tradition " qui recopiait (sauf pour le Dressage) le Concours complet sportif (voir Maniabilité), même si d'une façon moins agonistique et plus fidèle à la Tradition (voir Présentation).
Cette formule, codifiée par l'Association Française Attelage (AFA) et plus ou moins copiée par les Associations des autres pays (Belgique, Italie, Espagne, Suisse) est arrivée à joindre une certain succès, mais à aussi reçu des critiques. Voyons pourquoi :

La philosophie qui inspire le Concours de Tradition et les épreuves pratiquées sont elles vraiment fidèles à la Tradition ?

Voilà les arguments que personnellement je considère très importants car ce sont ceux qui inspirent le Règlement actuel et donc conditionnent le potentiel  future de cette spécialité.

PROPOSITIONS


Je pense qu'après 10 ans de sa création (et sans vouloir soulever la  susceptibilité  des  inventeurs de l'actuel formule du Concours d'Elégance) il serait très utile et à propos de faire quelque  réflexions,  et, si nécessaire aussi des modifications dans le but de l'améliorer.

1 - La philosophie du Concours de Tradition
Je pense que la philosophie du Concours de Tradition et du Concours d'Elégance doit se distinguer de celle qui inspire le Sport agonistique, c'est à dire la vitesse, la mesure du temps et la victoire du concurrent le plus rapide.
La Tradition et l'Elégance, au contraire, se basent  sur des critères culturels tels que la fidélité à la Tradition, l'élégance de l'équipage, le style du menage,  la dextérité dans les manœuvres, l'habileté et donc la qualité dans l'exécution des  épreuves. 

2 - Le style du menage
Le style du menage prévu par le Rég. FEI,  dit "libre" (qui s'identifie avec le style "western") n'est pas admissible aux Concours de Tradition!
Je suis convaincu  qu'il faut encourager le style du menage "à l'anglaise" qui  est la seule méthode fidèle à la Tradition.
N'ayez pas peur  : je ne propose pas l'abolition du style "libre", mais seulement  sa pénalisation dans la feuille des notes de jugement ; je pense que ce soit un système éducatif indispensable pour parvenir à notre but.

3 - L'Epreuve de "Maniabilité"
Il est certain qu'une telle épreuve n'existait pas dans la Tradition et qu'il n'a aucun sens de prévoir une telle épreuve avec une voiture ancienne (e surtout avec un coach)
Ce serait très simple de remplacer cette épreuve, qui est sans doute trop moderne, avec des épreuves d'habilité dans la conduite (comme déjà pratiquées à la fin du " Parcours routier "), des manœuvres et/ou des autres épreuves de dextérité plus fidèles à la Tradition. (La littérature nous offre plusieurs exemples comme le maniement du fouet, le son de la trompe, la manoeuvre de "remiser", la manœuvre du "reculer" etc.)

4 - L'état de conservation des voitures
Nous assistons malheureusement de plus en plus souvent  à la mode de restaurer lourdement les voitures anciennes, en les faisant apparaître "comme neuves", en modifiant les couleurs et les garnitures
d'origine. Je pense que c'est une mauvaise habitude que nous  devrions contraster, en éduquant les concurrents à sauvegarder le plus possible la patine originale de la peinture et à accomplire une restauration, seulement si vraiment indispensable, et d'une façon le plus possible "conservatoire" c'est à dire fidèle à l'origine. Ce but peut être obtenu par des règles qui pénalisent les restaurations complètes et récompensent  les restaurations du type conservatoire
(Je ne parle des "faux" car ce lui là est un phénomène exécrable et  inadmissible)
ARTICLES

Lignes directrices pour la tenue en concours d'élégance.

Albert de  Busschère et William Andersens


Ceci ne constitue en rien un règlement, mais une série de conseils qui résultent de l'expérience de jugements intervenus dans de nombreux concours d'élégance. Ces conseils portent sur les incertitudes les plus fréquentent rencontrées dans ces concours. Il va de soi qu'il n'est pas obligatoire de faire exactement ce qui est décrit ci-dessous puisque l'élégance ne se codifie pas. Chacun pratiquera selon son propre goût. Toutefois, faire tel que décrit ne constituera pas  une erreur, ce qui ne sera pas toujours  le cas d'une pratique plus créative.
Pour plus de commodité, les attelages ont été scindés ici en deux groupes, selon le type de meneur.

VOITURES DE MAITRE

Dans cette catégorie rentrent principalement les: coach, break, spider, phaéton, dos-à-dos, dog-cart, gig, cabriolet....

Messieurs
Les messieurs portent un veston gris foncé, fermant droit, chaussures molières noires, chaussettes foncées, cravate discrète, gants fauves à dos lisse.
Le blazer est admis, sauf le soir.
Tablier de menage qui descend sur la chaussure en hiver, sous le genou en été.

Si l'attelage est mené en collier, le chapeau sera un haut de forme (gris si la voiture est menée par le propriétaire, noir s'il s'agit de quelqu'un d'autre, même si ce n'est pas un cocher). Le melon est admis pour les voitures moins importantes, éventuellement chapeau mou si la voiture est moins ancienne ou vernie, mais jamais de casquette.

Si l'attelage est mené en bricole: jamais de haut de forme.

Dames
La tenue des dames est classique et à leur discrétion.
Les dames seront vêtues d'un tailleur gris ou bleu foncé, portent des bas, un chapeau sans grands bords, les gants sont fauves à dos lisse, le chemisier est boutonné jusqu'au cou.
Tablier de menage qui descend sur la chaussure en hiver, sous le genou en été.

Grooms
Les grooms seront en livrée (voir la littérature à ce propos) la tenue de cavalier est tolérée: veste noire, cravate de cocher "sans épingle" pantalon crème, bottes de cuir noir à revers bruns.

Passagers
Les dames porteront une jupe descendant sous le genou et tous les passagers un tablier, voire une couverture ou plaid, si possible dans les mêmes tons que le tablier du meneur.
Pour tous une tenue sobre et adéquate avec chapeau et gants.

Chevaux
Ils seront parfaitement propres , jamais de croupe à damier. La ferrure est récente. Si les crins sont tressés, la queue est toilettée. Neuf à onze tresses sur la crinière, une au toupet, pas de tresses sous le collier. Les éventuels élastiques seront de la même couleur que les crins, pas de garnitures colorées et toutes les crinières à droite. Les chevaux sont jambes nues.

Harnais
La bouclerie est uniforme (même couleur), et si la voiture est menée par le propriétaire, les chaînettes peuvent être métalliques, sinon elles seront en cuir. La gourmette est une large gourmette d'attelage (à anneaux simples), elle est bien à plat, la sous-gorge est suffisamment serré pour que le cheval ne se débride pas, sans l'étrangler. Les branches du mors  forment un angle de 45° ou un peu plus en rapport aux lèvres, la gourmette étant au contact.

Voitures
La caisse est toujours peinte en noir, les autres couleurs sont soit jaune et vert foncé, soit bleu foncé et rouge.
Toutes les pièces destinées à recevoir de la saleté: garde boue, garde-crotte, ferrures ... sont peintes en noir.

Fouet
La longueur du fouet permet d'atteindre l'épaule du cheval, il n'est jamais collé, et toujours en main, prêt à être utilisé. A l'arrêt, le meneur tient son fouet incliné à 45° et forme un angle de 45° par rapport au sens de la marche: le fouet le plus adéquat est l'épine à bout courbé.

VOITURES DE CAMPAGNE

Il s'agit ici de voitures en bois verni, voiture autrichienne, wagonnette, break d'écurie, voiture régionale,....

Meneur
Il porte un veston sport, un pantalon sport uni, des chaussures brunes (pas de chaussettes blanches  ou claires) des gants fauves à dos lisse, chapeau mou ou casquette, tablier de menage qui descend sur la chaussure en hiver, sous le genou en été.

Dames
Elles portent une tenue sportive en rapport avec la tenue des messieurs. Pour le reste elles portent des bas; un chapeau sans grands bords, des gants fauves à dos lisse, le chemisier est boutonné jusqu'au cou, tablier de menage qui descend sur la  chaussure en hiver, sous le genou en été.

Grooms
Ils portent une toque ou une casquette, une veste d'équitation ou de sport (tweed...) les femmes qui ont les cheveux longs ont une résille (un filet). Les grooms s'asseyent sur le siège le plus éloigné du meneur.

VOITURES MENEES PAR UN COCHER

Voitures de ville: landau, victoria, omnibus...

Meneur
Que ce soit un homme ou une femme: ils sont en livrée (voir la littérature), bottes en cuir noir à revers bruns ne montant pas en haut de la jambe, gants fauves à dos lisse, cravate de cocher (voir la littérature).

Grooms
Ils sont en livrée (voir la littérature).

COMPORTEMENT DES GROOMS

Au moment où la voiture s'arrête, le groom est déjà à pied, à environ un mètre devant les chevaux. Il ne les tient que si c'est nécessaire, sinon il a les bras le long du corps, il remonte à bord sur signe discret du meneur. Le groom assis à bord de la voiture se tient droit, les bras croisés ou les mains à plat sur les cuisses. Le groom remonte sur la voiture lorsque celle-ci est en route et passe à sa hauteur.

LE SALUT

Lorsque les chevaux sont immobilisés, le concurrent salue le président du jury, qui lui rend son salut. Le salut se fait sans emphase, le fouet est passé dans la main gauche, il n'est en aucun cas mis dans le porte fouet.

Les messieurs se découvrent et font un mouvement sans lenteur vers le bas en tendant le bras à la verticale par le chemin le plus court. Ils ne montrent en aucun cas la coiffe (partie intérieure) de leur chapeau.

Les dames font un mouvement vertical discret de la main vers le bas en présentant la paume de la main.

Les grooms ne saluent pas.

Le cocher salue du fouet : soit en le portant verticalement à hauteur du visage, soit horizontalement au bord de son chapeau.
ARTICLES

De la chaise au cabriolet...

Jean-Marie Baily
Publié dans Wheel & Whip 1/2007.
Les onze volumes de planches de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, publiés entre 1762 et 1772, ne cessent de nous émerveiller pour leurs qualités artistiques et pour la précision de leurs détails. Beaucoup ignorent qu'à l'époque, et dans les années qui suivirent, ces dessins ont servi de références à des maîtres-artisans et à leurs futurs clients qui commandaient la construction de bâtiments (des écuries par exemple…) ou d'autres réalisations (des mécanismes de moulins…) qu'ils avaient découvertes en feuilletant les précieux volumes. Les planches furent  donc des modèles abondamment    copiés et reproduits et nous pouvons être certains que les voitures hippomobiles représentées ont circulé en de multiples exemplaires sur les routes de l'époque.

Attardons-nous quelques instants sur les représentations de la CHAISE (article Sellier-carrossier, Pl. XIII-XV) qui restera comme le plus rapide et le plus répandu des véhicules de voyage de l'Ancien Régime. Ce moyen de transport élégant et coûteux était utilisé par l'aristocratie qui voyageait sur ses terres ou qui cherchait à se montrer sous son meilleur jour…
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La chaise était une voiture rapide, à deux roues, tirée par un cheval qui devait être solide et endurant. La décoration baroque, dans le goût du XVIIIe siècle, pouvait rivaliser avec celle des carrosses, mais d'autres versions plus utilitaires et plus robustes existaient également. Dans tous les cas, la caisse était suspendue entre les brancards, à l'avant de l'essieu. Comme la chaise à porteurs dont elle dérive et à laquelle elle doit son nom, elle est dépourvue de portières latérales et n'est donc accessible que par une portière antérieure qui s'abat vers l'avant. L'intérieur, garni d'un siège confortable et capitonné, est décoré avec raffinement. L'extérieur est peint et rehaussé de dorures. A. J.  Roubo ( L'art du menuisier-carrossier, 1771) précise qu'on fait les caisses les plus étroites possible et que le passager n'y entre qu'avec peine " parce que quand ces voitures sont trop longues (comprendre " trop larges "), leur ballottement, qui est inévitable, fatigue beaucoup ; au lieu que, quand elles sont juste à la grosseur de la personne, on est moins fatigué, le corps suivant les mouvements de la voiture sans trop souffrir des secousses ". La planche de l'Encyclopédie nous en montre tous les détails, notamment le système complexe de courroies de cuir reliées à des ressorts " à la Daleine ". Nous comprenons que le freinage devait être problématique et d'ailleurs les accidents furent fréquents notamment en raison de la taille des roues qui place le centre de gravité du véhicule très haut.
Cliquez pour agrandir l'imageLa chaise de poste n'eut pas tout de suite la faveur qu'elle connut au XVIIIe siècle, en grande partie à cause de l'état des routes de campagne trop mal entretenues pour permettre l'usage de tels moyens de transport. Elle pouvait être menée par son occupant comme le montre le tableau ( et surtout l'étude préparatoire ) de J-B Martin, Prise de Condé-sur-l'Escaut par Louis XIV le 26 avril 1676 conservé à Versailles ; mais également " en poste ", comme on peut le voir sur la gravure conservée à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne reproduite ci-dessous.
Selon le Dictionnaire des dictionnaires de 1892, les premières chaises apparurent en 1664, sous le ministère de Colbert, et son auteur, Paul Guérin, fait remarquer que la chaise - ou chaise de poste, c'est-à-dire destinée aux voyages - est ainsi nommée parce qu'elle se compose à l'origine d'une espèce de chaise ou de fauteuil  suspendu dans un châssis monté sur deux roues. L'invention serait due à un nommé La Grugère et le privilège de les exploiter fut accordé au marquis de Crenan d'où leur autre nom de Chaise de Crenan. Plus tard elles seront remplacées par des voitures plus légères appelées soufflets, et enfin au XVIIIe siècle par des chaises à ressorts. Le soufflet, qui doit son nom à la pièce de cuir mobile qui ferme l'avant de l'habitacle, est " une invention venue d'Italie (…) légère et de peu de frais qui supplée assez bien à la chaise de poste " (Fr. A. de Garsault, Traité des voitures… 1756). Plus tard encore, la chaise de poste sera utilisée pour l'acheminement du courrier et deviendra un véhicule de LA Poste, attelé à plusieurs chevaux ( malle-poste, modèle 1805). Ce véhicule nettement plus lourd, destiné à transporter des charges plus importantes, ressemble de moins en moins à la chaise des débuts…
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La destinée de la chaise croise celle du cabriolet qui est aussi une voiture à deux roues, très élégante, haute et légère, toujours menée par son propriétaire. Mais le cabriolet, dont la caisse est en équilibre sur l'essieu, est une voiture ouverte, munie d'une capote mobile. Elle est apparue en France vers le milieu du XVIIIe siècle. Le mot est attesté dès 1755 et tirerait son origine du verbe cabrioler (sauter comme un cabri), à cause du mouvement sautillant de ce genre de voiture. Selon A. J. Roubo, grand théoricien de l'ébénisterie, le terme fut ensuite emprunté à la voiture pour désigner le fauteuil en cabriolet  ( appelé plus tard cabriolet ), qui concurrença le fauteuil à la reine au début des années 1770. Il précise que ce terme est emprunté à la voiture appelée chaise à deux roues ou chaise découverte dont l'apparition coïncide avec l'avènement de ces sièges légers. Ces voitures à une seule place comportaient en effet un siège étroit, à dossier cintré, comme celui du fauteuil du même nom. Le cabriolet sera très en vogue fin du  XVIIIe siècle, à la ville comme à la campagne : il " est une chose fort utile pour quelqu'un qui n'a qu'un cheval à nourrir et un domestique " disait Fr. A. de Garsault dans son Traité des voitures…, en 1756.

Cette voiture connaîtra un bel essor pendant le premier tiers du XIXe siècle, sur le continent comme en Angleterre où le comte d'Orsay, émigrant français et arbitre des élégances, en lança la mode. Le cabriolet possède deux roues d'assez grande taille, comme la chaise dont il dérive, mais les soupentes sont remplacées par des ressorts. Les brancards forment avec la traverse à l'avant et la plate-forme du groom à l'arrière une infrastructure reliée à l'essieu par deux simples ressorts longitudinaux. C'est alors une voiture très élégante dont la caisse arrondie, en forme de coquille,  offre deux places abritées par une capote. Elle est tirée par un cheval très noble, aux actions brillantes. Pour accentuer la taille de celui-ci, le groom, appelé " tigre " à cause de sa veste rayée jaune et noire, devait être de petite taille ! Le collier était lourd et somptueux, frappé d'armes ou muni d'un monogramme. Le cuir est toujours noir, orné de garnitures en laiton ou en plaqué argent. Au lieu de la poire, une seule cloche ronde est suspendue à la fausse martingale. Le cabriolet est fixé à la sellette par des bracelets de brancards métalliques comme pour une voiture à quatre roues, à cause de la double suspension de la caisse. Le cabriolet classique est peint de couleurs sombres comme le vert olive ( avec des lignes ornementales jaunes ou rouges ), le bleu foncé ( avec des ornements jaunes, rouges ou bleu clair ), le marron ( avec des décorations rouges ), etc.  Les sièges sont recouverts d'une toile assortie à la couleur de la caisse.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le cabriolet devient plus léger, avec une suspension simplifiée. La place du groom a disparu, sauf quand c'est une dame qui mène son attelage… La décoration est d'une sobriété et d'une élégance toute britanniques ! On le rencontre surtout en ville, où il est le véhicule préféré des médecins, des avocats, des notaires,…  Chez les romanciers réalistes et naturalistes, il est toujours associé aux  notables jouissant d'une position sociale confortable. Grâce à son allure rapide, il dépasse facilement les autres véhicules et s'insinue aisément dans la circulation. Généralement le propriétaire conduit lui-même son véhicule.

Comme nous avons pu le constater, la chaise et le cabriolet ont connu des formes variées selon les époques et les régions. Dans cette grande famille de véhicules, on rencontre en Angleterre le cab, le hansom cab, le victoria cab ou même le lady cab… Aux Pays-Bas la sjees ou chaise hollandaise, avec une caisse cintrée, haut perchée, ornée de rocailles, de grotesques, de scènes hivernales,… Sans oublier le carrick et quelques autres. Et l'aventure de la chaise devenue cabriolet ne s'arrête pas avec la disparition des véhicules hippomobiles : au  XXe  siècle le terme cabriolet peut encore désigner une automobile décapotable… Mais ceci est une autre histoire !
Illustrations :


1.Diderot, D'Alembert, L'Encyclopédie…, art. Sellier-carrossier, Pl. XIV Chaise de poste à cul de singe.
2.J-B. Martin, Dessin préparatoire pour le tableau Prise de Condé…, coll. Hermès, in D. Roche,  Voitures, chevaux et attelages, Paris, 2000 ( p. 302 ).
3.Chaise de poste tirée par un cheval attelé entre les brancards et par un cheval de postillon, à droite, en dehors des brancards, in J. Jobé, Au temps des cochers, Edita-Denoël, 1976 ( p. 127 ).
4.Malle-poste ( modèle 1805 ) avec habitacle de bois habillé de cuir, in P. Charbon, Musée de la diligence, Riquewhir, 1993 ( p. 13 ).
5.Cabriolet à 6 ressorts (modèle réduit, 1900 ), Musée de Compiègne, in J-L Libourel, Voitures hippomobiles, Paris, 2005 ( p. 255 ).
(Publié dans Wheel & Whip n°1/2007 à la date du 15/03/2007)
ARTICLES

Quelques mots sur le tandem...

Michel Debrichy
Au hasard de mes lectures, je viens de redécouvrir un article intitulé Quelques mots sur le tandem  publié en 1903 dans le Sport universel illustré et signé C.L. Parmi les quelques photographies intéressantes de Delton, trois attelages en tandem. Cet article se présente comme une apologie d'un mode d'attelage que l'auteur prétend " si calomnié et si consciencieusement décrié " ! Par ailleurs, il reconnaît que " le tandem n'est pas l'attelage chic par excellence (mais) sortant un peu de l'ordinaire et réservé à quelques hommes de cheval qui possèdent au plus haut point le sang-froid, le tact et la décision ". Rappelons que dans l'expression attelage en tandem, utilisée quand les deux chevaux sont placés l'un derrière l'autre, le mot latin (tandem : enfin) a été choisi par effet homonymique avec la locution at length (à la longue, en longueur) de l'argot scolaire anglais, comme le signale le Nouveau dictionnaire étymologique et historique d'A. Dauzat

Parmi les reproches, fréquents semble-t-il, il y a un peu plus d'un siècle, l'auteur  évoque  celui d'être " un attelage qui n'a pas sa raison d'être ", " qui fatigue beaucoup les chevaux " et " qui est excessivement dangereux "…
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Michel Debrichy en tandem
  • Pourquoi mener en tandem ?
A l'origine, ce mode d'attelage avait une véritable raison d'être. L'Anglais passionné qui se rendait à une journée de chasse, attelait son hunter devant son attelage habituel à un cheval. Le premier ne tirait pas et donc arrivait frais au lieu de rendez-vous. Cette façon d'atteler s'est étendue même en dehors des déplacement pour la chasse et se rencontre régulièrement dans les épreuves de tradition.

               
  • Ce mode d'attelage fatigue-t-il trop les chevaux ?
En général il fatigue soit le leader, si celui-ci tire seul et inconsidérément, soit le wheeler qui porte les brancards et donc le poids du véhicule, surtout si celui-ci est mal équilibré… mais pas véritablement plus que dans le cas d'un attelage classique à deux roues… destiné à un seul cheval !
   
               
  • Mener en tandem est-il dangereux ?
L'auteur reconnaît que c'est parfois vrai pour un meneur peu expérimenté qui utilise des chevaux peu ou mal préparés, surtout s'ils sont mal attelés et menés sans discernement. Mener en tandem demande une grande dextérité.
On consultera utilement  Driving du duc de Beaufort  (Londres, 1889) où le chapitre Tandem driving a été rédigé par Lady Georgiana Curzon et Leçons de guides (Paris, 1893) de E. Howlett. Parmi les ouvrages plus récents, B. de Diepold, A l'école de l'attelage, T3 Le menage  (Paris 1988) qui reprend in extenso l'article signé C.L. et M. Pape, Die kunst des Fahrens  ( Stuttgard, 1966) qui cite B. von Achenbach.
  Cité par J.-L. Libourel, Vocabulaire typologique et technique, Paris, 2005.
L'auteur poursuit en développant quelques considérations sur cet exercice si délicat qu'il le réserve à des meneurs avertis.

               
  • Les chevaux
En principe, les connaisseurs préfèrent des chevaux brévilignes pour que l'ensemble de l'attelage ne soit pas trop long et par là disproportionné par rapport au véhicule. Le wheeler sera d'un beau modèle, entre le cheval de selle et le carrossier, avec de belles actions ; le leader, toujours plus petit, sera de même modèle. Les deux auront la queue coupée court et la crinière très raccourcie. Si les deux chevaux ne sont pas d'un modèle proche, mieux vaut qu'ils soient radicalement différents. Plus encore que pour les autres formes d'attelages, les chevaux attelés en tandem doivent être sûrs. Celui de brancard, attelé très près de la caisse, doit être parfaitement calme, avec des allures soutenues. Celui de volée peut être plus brillant et plus vif. Tout ceci montre l'importance du dressage des chevaux, éduqués séparément puis ensemble.

               
  • La voiture
La voiture, généralement un dog-cart, doit être haute pour que le meneur  profite d'une bonne visibilité, large et pas trop légère pour assurer la stabilité de l'équipage. Les accessoires sont peu nombreux : deux lanternes, une trompe comme pour un attelage à quatre, mais plus petite, placée à gauche dans un fourreau en cuir alors que le panier destiné aux cannes est accroché à droite. Le fouet est le même et s'utilise de la même façon que celui d'un attelage à quatre.

               
  • Les harnais
Le harnachement habituel est constitué d'une bride avec filet à quatre anneaux pour le leader et un mors ordinaire (aux branches reliées) pour le wheeler. Les clefs de sellette et de brides sont semblables à celles des attelages à quatre. Les croupières sont cousues et dépourvues de boucle pour éviter qu'elles ne soient accrochées par les guides. La seule originalité réside dans la façon de rendre solidaires les deux chevaux. Deux méthodes existent : ou bien les traits du premier sont directement attachés aux extrémités des traits du second, ou bien on utilise un double palonnier. Celui-ci est constitué d'un maître-palonnier (relié au centre au collier et par ses deux extrémités aux traits du wheeler) accroché en son milieu au sommier qui reçoit les traits du leader. Ce second procédé, d'origine américaine, est plus fiable et sera plus tard recommandé par Benno von Achenbach et Max Pape.
A l'origine, le leader, qui devait servir pour la chasse, était sellé et bridé comme un cheval de selle ordinaire auquel on ajoutait une bricole. Aujourd'hui, il sera garni comme un cheval d'attelage habituel mais sans reculement.
L'auteur termine par quelques considérations sur la promenade en tandem. Sur une voiture menée de la sorte, on monte par la droite, comme sur un coache, et c'est aussi de ce côté que l'on place les guides dans l'anneau de sellette du wheeler quand on en descend. C'est le wheeler qui démarre le premier, pour éviter les à-coups, le leader, quant à lui, doit tirer le moins possible et garder les traits tendus en montée seulement. Les chevaux menés avec légèreté doivent bien évidemment rester parfaitement en ligne. Pour le meneur, l'effort physique est réduit, ce qui explique que, assez souvent, des femmes ont préféré l'attelage en tandem qui demande également beaucoup de dextérité, à l'attelage à quatre chevaux.

Dans le passé, l'attelage en flèche, formé de plusieurs chevaux en file les uns derrière les autres, a été fréquemment utilisé pour la traction de charges lourdes, notamment dans certains travaux agricoles. Dans ce cas, on parle d'attelage en flèche, réservant l'appellation en tandem pour les attelages de chevaux de sang et donc utilisés pour les loisirs et la promenade. Les termes randem, random et tridem (trois chevaux) sont moins fréquents.
Le haut degré de technicité et d'habileté dont doit faire preuve le meneur qui utilise un tandem rend aujourd'hui cette pratique plutôt rare mais très appréciée des connaisseurs. Pas étonnant que les épreuves de tradition lui accordent une place importante.
Le Mont-Saint-Michel                        Les voitures de Genêts.
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